Danmarks Breve

BREV TIL: Carl Rudolph Emil Vind FRA: Christian Emil Krag-Juel-Vind Frijs (1866-05-05)

Udenrigsminister Grev Frijs til Kammerjunker Vind, Chargé d’affaires i
St. Petersborg
.
Confidentielle.
Copenhague, 5 juin 1866.

Monsieur.

Lorsque vous aurez l’honneur de remettre entre les mains de S. E. le Vice-Chancelier la dépêche que je vous ai adressée aujourd’hui, je vous prie d’exprimer au Prince toute la sollicitude avec laquelle nous attendons le règlement définitif d’une question dont notre avenir dépend à un si haut degré. Je ne me permettrai pas de m’étendre longuement s. 193 sur les effets que l’établissement d’une grande puissance allemande, soit la Confédération soit la Prusse, sur les côtes et dans le centre de la Baltique aurait pour le reste du Nord. Je me bornerai à dire que s’il est impossible d’écarter tous les dangers de la nouvelle situation créée par la paix de Vienne, il doit toutefois y avoir moyen de les amoindrir en partie, et de rendre la position politique du D. un peu moins compromise, qu’elle ne l’est à présent.

Le cabinet russe est trop bien instruit des détails de la configuration géographique du pays pour ne pas reconnaître que je n’exagère pas en signalant la frontière actuelle comme parfaitement insuffisante. Il sait que, tant que le Dybbel et l’île d’Als resteront entre les mains d’une puissance étrangère, notre système de défense se trouvera complètement paralysé, et aussi longtemps que Flensbourg, qui est la capitale naturelle du nord du duché comme la ville de Slesvig est celle de la partie méridionale, n’appartiendra pas au Dan., les intérêts commerciaux d’une grande partie du royaume resteront gravement compromis. Le retour au D. de quelques centaines de mille habitans et de quelques lieues carrées ne représenterait pas pour l’Allemagne une diminution de puissance notable, et la prétention contraire impliquerait l’aveu de visées de domination et d’agrandissement, dont ces possessions serviraient si merveilleusement à faciliter la réalisation. Par contre la rétrocession que nous suggérons serait pour nous le moyen de diminuer les dangers les plus imminents de la situation actuelle.

Je n’ai pas hésité de m’expliquer avec franchise sur nos espérances et nos besoins car j’ai la profonde conviction que le cabinet russe ne manquera pas de reconnaître que nos aspirations ne sont pas seulement fondées en justice mais inspirées par une appréciation exacte de nos besoins réels.

C’est avec ces considérations que je vous prie de recommander s. 194 au prince Gort, la communication que nous avons cru devoir faire aux trois grandes puissances neutres.

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Koncept med P. Vedels Haand. — Paategninger i Randen: Afskrift til Kongen, Afskrift til kgl. Ges. i Paris.