Danmarks Breve

BREV TIL: Gebhard Léon Moltke-Hvitfeldt FRA: Christian Emil Krag-Juel-Vind Frijs (1866-08-15)

Udenrigsminister Grev Frijs til Grev Moltke-Hvitfeldt, Gesandt i
Paris
.
Copenhague, 15 août 1866

M. le Comte.

Vous verrez par le rapport de M. de Quaade, que je joins en copie, de quelle manière M. de Bismark a accueilli les ouvertures que conformément à mes ordres le Ministre du Roi à Berlin a tentées auprès de lui au sujet de l’article des préliminaires relatif à la rétrocession éventuelle d’une partie de Slesvig. Le Ministre-président prussien ne dissimule pas que c’est à son grand regret que la disposition dont il s’agit a été insérée dans les préliminaires, qu’il fera de son mieux pour l’exclure de la paix définitive, et que, s’il ne réussit pas dans cet effort, il tâchera de l’éluder dans l’exécution ou au moins de ne l’appliquer que dans la mesure la plus restreinte.

Dans ces circonstances je ne peux qu’approuver l’opinion de M. de Quaade, que pour le moment nous ne pouvons rien obtenir à Berlin par nos propres efforts et qu’il n’y a que le gouvernement impérial qui puisse vaincre la résistance de M. de Bism. Je vous prie de faire connaître confidentiellement à S. E. M. Drouyn de Lhuys le contenu du rapport de M. Quaade et de m’informer de la manière dont le Ministre envisagera la position que nous fait l’attitude prise en dernier lieu par le Ministre-président prussien.

Dans un mémoire succinct que vous trouverez ci-joint, j’ai jugé opportun de préciser les vues du gouvernement du Roi relativement aux différentes questions qui se rattachent à l’exécution de l’art. 3 des préliminaires. Vous êtes autorisé s. 267 à communiquer confidentiellement ce mémoire à S. E. le Ministre, en l’accompagnant des éclaircissemens que vous trouveriez nécessaires. Je conçois que dans la phase actuelle du travail de réorganisation que subit l’Allemagne d’autres intérêts que celui de procurer une réparation équitable à la nationalité danoise doivent solliciter l’attention du gouvt. imp. mais je suis convaincu que la sympathie avec laquelle l’Empereur a constamment embrassé notre cause, ne s’en trouvera pas amoindrie, et si ce mémoire ne peut servir dans ce moment même pour un but pratique immédiat il faut espérer que dans la suite il ne manquera pas de se produire des occasions où le gouvernement imp. jugera à propos de faire valoir les argumens qu’il contient.

Veuillez lire cette dépêche à S. Ex. M. Drouyn de Lhuys.

Koncept med P. Vedels Haand. — I Randen staar: copie (Rapport Nr. 40 af 9. August).