Danmarks Breve

BREV TIL: Christian 9. FRA: Alexander Nikolaevitj Romanov (1868-06-24)

Kejser Alexander II til Kong Christian IX.
Copie.
Zarskoe Selo, 12/24 juin 1868.

Mon cher Chrétien,

J’ai médité la lettre que vous m’avez envoyée avec toute l’attention qu’elle mérite et tout l’intérêt que je vous porte. — Vous seul êtes juge de ce que réclament les voeux et les besoins de votre pays et de la mesure des sacrifices que vous pouvez lui imposer en vue de circonstances majeures qui engageraient son avenir. — Quant à moi, je devais me borner à servir d’intermédiaire à un essai de conciliation dont j’ai vivement souhaité le succès. — Sous ce rapport, j’ai dû, bien à regret, me convaincre que la distance qui sèpare vos conditions de celles admises jusqu’ici à Berlin, est telle qu’elle laisse peu de place à une transaction. — II m’a paru qu’il y aurait peut-être plus d’inconvéniens que d’avantages à constater cette divergence vis-à-vis du Roi de Prusse en lui faisant directement part d’un épanchement de confiance dû à votre amitié pour moi. — J’ai craint qu’une réponse défavorable ne rendit cette divergence définitive et ne coupât court à toute tentative ultérieure d’arrangements. — Cependant je n’ai pas voulu renoncer à une tâche qui me tient vivement à coeur. J’ai cru en conséquence opportun de m’adresser au comte Bismarck. — J’ai chargé mon ministre à Berlin de lui communiquer une copie de votre lettre à titre de confidence personnelle, en lui réservant d’en faire s. 175 l’usage qu’il croirait utile en vue d’une entente. — L’indisposition dont il a été atteint et son départ pour la Campagne n’ont pas permis à M. d’Oubril de s’acquitter de cette communication qui ne comportait pas d’intermédiaire. — Il a dû l’ajourner jusqu’au retour du président du Conseil. — En attendant je ne veux pas vous laisser plus longtems sans réponse et dans l’incertitude sur les démarches que j’ai cru devoir faire dans votre intérêt. . . .

Alexandre.

Denne Kopi findes i Pk. bl. a. mærket: Direkte Henvendelse til den russiske Kejser. — P. Vedels Privatpapirer.