Danmarks Breve

BREV TIL: George Joachim Quaade FRA: Otto Ditlev Rosenørn-Lehn (1870-08-17)

Udenrigsminister Baron Rosenørn-Lehn til Gesandterne i
Stockholm, Berlin, Wien, London, Firenze og St. Petersborg
.
Copenhague, 17 août 1870.

/ Tit. /

La mission de M. de Cadore a attiré une attention qu’elle ne mérite pas. Le duc est arrivé ici sans être muni d’aucune s. 673 lettre de créances ou autographe de l'Empereur, il n’a pas exprimé le désir d’être admis à présenter ses hommages au Roi, et il n’a par conséquent pas vu S. M.

Dans la première et très-courte entrevue que j’eus avec M. de Cadore le jour même de son arrivée, il m’informa qu’il avait des pleinpouvoirs pour faire au gouvt. du Roi certaines ouvertures par rapport à la guerre présente. Cette communication me plaça dans une position difficile. Entrer dans des pourparlers avec un envoyé de la France dans les circonstances actuelles, eût été pour moi attirer au gouvt. danois les soupçons dangereux de la Prusse. De l’autre côté, abstraction faite des vives sympathies que nous éprouvons naturellement pour la France, la simple politesse internationale exigeait que l’occasion fût donnée à l’envoyé de l’Empereur d’accomplir la tâche dont il était chargé par son gouvt. Pour tenir compte de ces deux considérations opposées, le Roi daigna me dispenser de recevoir moi-même les communications de M. de Cadore et S. M. autorisa S. E. M. le comte Frijs à entrer en pourparlers avec le duc au nom du gouvt. danois. Vis-à-vis de l’Europe qui depuis cinq ans a pu connaître la politique sage et circonspecte de l’ancien ministre des affaires étr., le comte Frijs offrait toutes les garanties possibles et quand S. M. faisait choix du premier personnage non-officiel du pays pour s’aboucher avec M. de Cadore, j’étais certain que le gouvt. français ne pourrait pas ne pas y voir un témoignage manifeste de la haute considération du Roi.

Dans les conversations que par suite de cette autorisation du Roi le comte Frijs a eues avec le duc, celui-ci a mis en fait qu’avant la fin du mois d’août un corps de troupes de débarquement français très considérable se trouverait dans la Baltique et, partant de cette donnée comme certaine, il proposa une alliance entre le Danemark et la France qui nous assurerait la possession du Slesvig. Ces pourparlers s. 674 étaient à peine finis, lorsque les malheureuses nouvelles des batailles de Forbach et de Wörth sont venues faciliter singulièrement la tâche du gouvt. d’écarter cette ouverture dangereuse de manière à ne point blesser le gouvt. de l’Emp. Nous pouvions éviter d’entrer dans un examen complet des propositions, car le fait, sur lequel elles étaient basées par le gouvt. français lui-même, n’existait plus ou était au moins relégué à un avenir impossible à prévoir. Aussi notre réponse verbale s’est-elle bornée à constater que les offres qui nous avaient été faites, reposaient sur une supposition dont les événemens survenus en dernier lieu ne manqueraient pas de différer la réalisation et que dans cet état de choses l’Empereur lui-même ne trouvait sans doute pas le moment opportun pour engager le Danemark à s’exposer à des dangers si redoutables.

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Le duc de Cadore a parfaitement compris que le gouvt. du Roi ne pouvait agir autrement et il appréciait en même temps les ménagemens, que nous avions observés quant à la forme. Le 12 août à midi le duc partit pour retourner par l’Angleterre en France.

* ) Je vous autorise à lire cette dépêche à S. Exc. le comte Wachtmeister, en le priant toutefois de regarder cette communication comme faite à titre confidentiel, attenduque vis-à-vis des autres cabinets les ministres du Roi se borneront à répondre aux questions qui pourraient leur être faites, que le Danem. est toujours aussi libre de tout engagement qu’il l’était lorsque nous avons déclaré notre neutralité le 25 du mois passé. —

** )Ces informations ne sont destinées que pour votre propre information. Seulement vous pouvez déclarer si l’on vous adresse des questions sur la mission de M. de Cadore que vous êtes autorisé à affirmer que le D. est aussi libre s. 675 de tout engagement qu’il l’était lorsque nous avons déclaré notre neutralité le 25 du mois passé. —

Koncept med P. Vedels Haand til Cirkulære Nr. 8 (Stockholm), 16 (Berlin), 14 (Wien), 9 (London), 7 (Firenze), 11 (St. Petersborg).