Danmarks Breve

BREV TIL: Otto Ditlev Rosenørn-Lehn FRA: Carl Ernst Johan Bülow (1870-08-22)

General Bülow, Gesandt i London, til Udenrigsminister Baron Rosenørn-Lehn.
London, 22. August 1870.

Deres Excellence,

I Continuation af min ærbødigste Indberetning af 19de ds. Nr. 51 1 ) skal jeg meddele, at jeg idag har havt en Samtale med Baron Brunnow angaaende den under 19de indsendte Proposition 2 ) fra Lord Granville til de neutrale Magter. Baronen bekræftede, at den russiske Regjering med Beredvillighed var tiltraadt det fra England gjorte Forslag /: hvis sande Udspring var Florents :/ i det Haab derved deels i det Hele at begrændse Krigens Omraade og deels for derved at lette Mellemstaterne Hævdelsen af deres Neutralitet ligeoverfor en mulig imod samme rettet Indflydelse, og kunde Baronen forsikkre, at hans Majestæt Keiseren fortrinsviis havde glædet sig ved at Forslaget vilde kunne komme Danmark tilgode. —

Samtalen kom naturligviis ogsaa ind paa det overraskende Held som følger de preussisk-tydske Hære, der berettigede til at ansee Freden for langt nærmere end først ventet; og det Spørgsmaal laa da nær for mig, om der ikke vilde være sandsynlig Udsigt til, at da den saalænge opsatte Afgjørelse angaaende Nord-Slesvig vilde finde Sted. Baron Brunnow’s Svar var omtrent: »Jeg troer ikke, at Grev Bismarck er disponeret s. 690 til at tage mange Hensyn, naar han staaer som Eneherre over Situationen. Hvis det fremdeles gaaer som hidtil, vil Grev Bismarck let faae Kongens Samtykke til ikke at modtage nogen Mægling men dictere Freden. Om han ved den Leilighed, samtidigt, vil ordne det slesvigske Spørgsmaal, det kan man ei vide; ønskeligt og billigt vilde det være, men Danmark maa kun ei stille sine Forventninger for høit, hvis det ikke vil skuffes.«

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Baron Brunnow knyttede hertil nogle Bemærkninger, som jeg vel paa bedste Maade imødegik, men som dog vare særdeles rodfæstede, og som det syntes støttede til formeentlig paalidelige Efterretninger (fra Grev Bernstorff?),) og jeg skal derfor søge at gjengive dem saa heelt som muligt. — Han sagde: »Mon cher Général, vous savez bien que je me flatte de mériter le titre de »amicus daniæ« et je vous assure que tout me porte à conserver mon grand intérêt pour votre pays, non seulement comme représentant d’un pays qui possède à-présent une princesse danoise mais personnellement par mon vrai attachement à votre Roi et à toute sa famille. — J’ai vivement regretté la tournure qu’a prise dans le temps votre malheureuse guerre et le tort qu’on vous a fait; et soyez sûr que si je pouvais y remédier je le ferais avec le plus grand plaisir. Mais, mon cher, je crains beaucoup que le temps n’est plus où il s’agit de prouver que vos prétentions quant à la rétrocession d’une partie du Slesvic soient bien fondées ou non; si plus tard ou bientôt cette question doit être arrangée, je crains qu’on ne demandera pas ce que vous désirez ou que vous croyez avoir droit à désirer, non, il ne s’agira que d’accepter ou non les conditions que le Cte Bismarck vous offrira. Je ne dispute pas qu’une telle solution ne puisse vous déplaire ni que votre mécontentement ne soit bien fondé; mais cela ne changera point le fait et vos protestations ne serviront qu’à irriter et peut-être à empirer votre chance.«

s. 691 Jeg appellerede til Retten og Æresfølelsen, til at netop i Seirens Øieblik burde en loyal og ædelmodig Opfyldelse af et givet Løvte meest kunne ventes, og at det dog vist ikke kunde mangle, at andre venskabelige Stormagter som Rusland og England vilde yde al moralsk Bistand og Raad for at Preussen tilbød en loyal Ordning.

Baron Brunnow svarede: »Oui, je comprends que vous fondez des espoirs sur le traité de Prague; mais si après cette guerre la Prusse ne veut l’expliquer et l’appliquer que de sa manière, qui pourra et voudra l’empêcher? Si donc vous voulez obtenir quelque chose, attendez-le de la bonne volonté ou la bonne grâce du Cte Bismarck, et non d’un traité ou d’un article de traité qui lui a été imposé par son ennemi — battu. — Et nous voilà arrivés au point auquel surtout je désirerais d’amener l’attention, c’est que si en dernier lieu la question du Slesvic dépendra seulement de la Prusse, c’est aussi dans votre intérêt d’éviter en ce moment tout ce qui pourrait donner ombrage à la Prusse, faire suspecter votre neutralité et lui donner raison pour se plaindre que le Danemark ne l’observe pas consciencieusement.«

Jeg protesterede imod at en saadan Beskyldning gjordes; jeg henviste til, at vi søgte nøiagtig at følge de Regler som i saa Henseende andre neutrale Stater, navnlig England, fastholdt, og meer kunde folkeretlig ei forlanges.

Baron Brunnow svarede: »Je crois que votre gouvernement fait cela; mais en de telles occasions comme souvent dans la vie où il n’y a pas de règles toutes établies et généralement reconnues, il n’est point pratique et ne porte pas de fruits de s’appuyer sur des règles disputables et protestées par un adversaire puissant. — Je sais de bonne source que la Prusse prend note de tout et elle n’oubliera pas la plainte qu’elle croit pouvoir faire contre vous dans ce moment, que vous faites chez vous des dépôts de charbons pour la flotte française et que des vaisseaux danois lui apportent s. 692 cette provision importante. — L’Angleterre possède elle-même les charbons et permet aux vaisseaux français de venir les prendre et les porter où ils veulent, en France et à la flotte; mais le Danemark n’a point de charbons, ses vaisseaux viennent prendre les charbons ici pour former des dépôts en Danemark au profit de la flotte française; la flotte est fournie de charbons de ces dépôts — on assure même par des vaisseaux danois. — La Prusse élève bien sa voix déjà contre l’exportation de charbons d’ici, mais elle se note encore plus ce que fait le Danemark; ce qu’elle souffre de l’Angleterre, elle ne le souffrira pas du Danemark, et au moment venu elle vous montrera le compte — en tout cas, ces plaintes, qu’elle pense bien fondées, n’auront pas une bonne influence sur la disposition pour régler la frontière du Slesvic.«

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Jeg bemærkede, at de Handlende i Danmark ei kunde forhindres i at holde deres Kuldepoter forsynede, og at vi havde altid meget betydelige Kullagere i Kjøbenhavn og i andre Havne til eget Forbrug. Naar Kul nu ei erkjendtes for Krigs-Contrabande og vore Kulhandlere ei forsynede den franske Flaade paa anden Maade end det kunde skee herfra (ved franske Skibe) saa var der ingen Grund til Klage; kun naar Overmagten vilde finde Aarsag til Trætte eller til at paatvinge sine Anskuelser, kunde naturligviis Alt give Motiv til Klage, og jeg var sikker paa, at der fra dansk Side ikke var skeet noget Brud paa hvad folkeretlig forlangtes af en neutral Stat. —

Baron Brunnow: »Mon cher: le droit des gens n’est pas la seule loi dans ce cas, même, tout le monde n’est pas d’accord sur ses règles. Mais le propre intérêt dicte la meilleure loi, et dans votre cas il vous conseille de ne rien faire que la Prusse pourrait regarder comme fait contre elle. La Prusse connaît parfaitement, je vous assure, les pourparlers qui ont eu lieu entre la France et votre gouvernement quant à une alliance. Nous autres comprenons que la tentation fut grande et nous vous félicitons d’avoir résisté; mais la Prusse s. 693 sait que le général Raasløff, le ci-devant Ministre de la guerre, a été au moment décisif à Paris et qu’il a été chez l’Empereur; la Prusse sait que le général Raasløff s’occupe à présent beaucoup de faire établir un cable télégraphique de la France en Danemark, surtout à l’usage de la flotte française. — Vous voyez que la Prusse voit et apprend tout et je puis vous assurer que tout cela a fait une mauvaise impression; quand je tâche de lancer un mot en votre faveur quant à la question du Slesvic, alors on (Cte Bernstorff) me répond que le Danemark continue à prononcer ou à montrer sa mauvaise volonté, ce qu’il sera difficile d’oublier plus tard.

Je sais bien que votre gouvernement est dans une position très-difficile et ne peut pas strictement être rendu responsable de tout ce que les individus font et disent. Mais sans pouvoir ni vouloir dire comment ces plaintes seraient à éviter, il me semble pourtant que votre gouvernement pourrait d’une manière ou autre déclarer et prouver à la Prusse qu’il fait tout en son pouvoir pour maintenir une neutralité loyale, et puis il pourrait faire comprendre d’une manière claire et distincte au pays (aux individus que cela concerne) que tout sujet, qui dans ce moment difficile ne ferait pas tout en son pouvoir pour appuyer le gouvernement dans sa position de stricte neutralité, et tout sujet qui éluderait les lois de neutralité et évoquerait les plaintes des belligérants, aurait une grande responsabilité vis-à-vis de la patrie et prouverait qu’il met le propre intérêt audessus du bien public.

Je vous dis tout cela, mon cher Général, parceque j’ai le plus vif intérêt à ce que vos désirs légitimes soient satisfaits, et parceque je vois et connais les dangers auxquels vous exposent des actions qui déplaisent à la Prusse et qui ne peuvent que l’influencer en votre défaveur.«

Jeg spurgte om da Ret og Retfærdighed aldeles skulde oversees og Intet betyde ligeoverfor Magten, om de internationale s. 694 Forhold i vor Tidsalder alene skulde vilkaarligt afgjøres af den militaire Overmagt saaat al Ret og Selvstændighed skulde underordne sig den og intetsteds i Europa kunne finde Medhold.

Baronen svarede: »J’admets les principes que vous évoquez et j’espère que le temps reviendra où on les respectera de tous côtés; mais en des temps exceptionnels ils ne suffisent pas, même ils empêchent d’agir d’après les circonstances et les tourner à son profit. Quand les grandes puissances ne se trouvent pas en état de soutenir de tels principes, quand une d’elles s’appuie sur la force et peut le faire, alors les petites puissances sont obligées en leur propre intérêt de louvoyer et de se soumettre à la nécessité pour se sauver. Vous connaissez l’histoire du médecin qui laissa mourir son patient plutôt que d’abandonner les règles de la science; eh bien! Les principes sont très-bons et excellents en temps ordinaire, mais il faut quelque chose de plus en temps de danger.«

Dette er omtrent Baronens Ord, der ganske vist ere vel meente, og som vistnok vise at støtte sig tilstrækkeligt til en mangeaarig Erfaring og til et praktisk Blik paa Forholdene til at fortjene at være Gjenstand for en Beretning.

J. Bülow.

Depeche Nr. 52.