Danmarks Breve

BREV TIL: Otto Ditlev Rosenørn-Lehn FRA: Joachim Sigismund Ditlev Knuth (1870-08-27)

Grev Knuth, Legationssekretær i Stockholm, til Udenrigsminister Baron Rosenørn-Lehn.
Stockholm, 27 août 1870.

Monsieur le Baron,

Ayant eu l’honneur de recevoir avant-hier soir le télégramme de Votre Excellence du même jour, je me suis empressé de chercher le Baron Beck-Friis, Son Excellence le Ministre d’Etat et des Affaires étrangères n’étant pas en ville. L’heure étant déjà très avancée lorsque je l’ai trouvé, j’ai cru devoir remettre jusqu’au lendemain matin l’envoi de ma réponse qui toutefois, ainsique j’éspère, doit s’être trouvée de bonne heure entre les mains de Votre Excellence. Quant à Monsieur Rochussen je n’ai pu le voir qu’hier vers 3 heures, l’ayant manqué deux fois, et de suite après j’ai eu l’honneur d’avertir Votre Excellence qu’il n’avait reçu aucune communication relative à l’affaire en question, mais qu’il était prêt à demander à son gouvernement, si Votre Excellence le désirait.

Sachant que la proposition du cabinet britannique allait être présentée au Conseil hier soir, j’avais cru pouvoir aujourd’hui rendre compte à Votre Excellence de l’accueil qu’elle y eut trouvé; cependant, d’après ce que je viens d’apprendre, aucune discussion n’a eu lieu, le protocole de la séance du Conseil portant seulement que, d’après la résolution de S. M. le Roi, l’avis du gouvernement norvégien doit être premièrement pris. La discussion définitive est maintenant censée pouvoir avoir lieu au Conseil fixé pour jeudi prochain. Néanmoins je crois pouvoir dès aujourd’hui affirmer la supposition quant au résultat, que j’ai eu l’honneur de mander à Votre Excellence par mon télégramme d’hier matin. J’ai raison de croire que dans la lettre par laquelle la proposition du cabinet anglais a été soumise au gouvernement norvégien, les vues qui régnent ici sur cette affaire, se trouvent implicitement énoncées dans ce sens que, le gouvernement suédois ne considérant pas l’adhésion à la s. 710 ligue formée sur la base proposée comme une démarche qui pourrait en aucune façon éventuellement préjudicier le libre arbitre des royaumes-unis, on ne saurait se refuser d’accéder à une mesure qui déjà a été approuvée par quatre grandes puissances. Le peu d’importance réelle qu’attribue le gouvernement suédois à la proposition de Lord Granville est en outre prouvé par une conversation qu’a eue dernièrement un des chefs de mission ici accrédités avec S. M. le Roi, et dont il m’a confidentiellement communiqué le contenu. . . .

Au moment de finir mon très humble rapport je reçois le télégramme d’aujourd’hui par lequel Votre Excellence m’ordonne de ne plus rien entreprendre quant à l’affaire de la ligue de neutralité. . . .

Knuth.

Depeche Nr. 45, modtaget 29. August 1870.