Danmarks Breve

BREV TIL: Alexander Pavlovich Romanov FRA: Christian Frederik (1814-02-19)

[Fra Christian Frederik til Stormagterne.]

1.

Christiania ce 19. Février 1814.

Déclaration.

La Norvége, unie depuis des siédes an Danemarc, a partagé avec ce Royaume le bonheur et l'adversité.

Les suites de la guerre dans laquelle la Grande Bretagne plongea tout-à-coup le Danemarc ne furent pas moins désastreuses pour la Norvége; mais il faut convenir qu'elles auraient pû l'être davantage, si le Gouvernement Britannique n'eut point usé d'une modération particuliére envers les habitans des côtes de ce Royaume.

Liés à la Nation anglaise avant la guerre par les coutumes et par l'intérêt commun du commerce, qui n'avait jamais souffert d'entraves par la position géographique de la Norvége, pouvaiton croire que le Grouvernement Suédois aurait pû en pleine paix faire valoir cette même cause comme un motif valable pour accabler les habitans d'une maniére aussi inhumaine que perfide.

On voit bien qu'en s'écartant des principes de la morale, l'ambition et l'intérêt entrainent l'homme vers tout ce qui est injuste.

La mort également malheureuse et remarquable du Prince Royal de Suéde, Charles Auguste, jadis le héros chéri des Norvégiens, jeta en dernier lieu le premier germe de désunion dans le Nord.

De l'aveu de I'Empereur Napoléon, un Prince français fut placé prés du trône de Suéde. Par là l'ancienne politique suédoise, ayant toujours prescrit l'alliance avec la France, fut renouvelée.

*

s. 98 Aussi témoigna-t-on d'abord le désir de reconquérir la Finlande, persuadé qu'un Général français était la personne du monde la plus propre à entreprendre avec zéle cette tâche pour donner à son bienfaiteur une preuve édatante de sa reconnaissance.

Ce Prince, Charles Jean, se traça un plan de conduite trés different. La guerre, qu'on déclara à l'Angleterre peu de temps apres son arrivée en Suéde, ne fut qu'un masque nullement à méconnaître.

Le libre accés ainsi que toute espéce de facilité qu'on accordant aux bâtiments anglais dans les ports de Suéde au détriment du commerce des Danois ne cessaient point durant cette soidisante guerre. Au contraire, les relations avec le Grouvernement Britannique furent toujours plus intimes à mesure qu'elles promettaient plus d'avantages réels. La guerre qui menaçait d'éclater entre la Prusse et la Russie offrait une chance á la Suéde pour se saisir de la Finlande.

Mais pour y réussir un plan d'agrandissement plus étendu fut conçur d'arracher la Norvége au Danemarc, avec qui on était en paix, cela devenait une conquête qui assurerait un jour celle de la Finlande.

De même la possession d'un Royaume avec la Souveraineté absolue offrirait à un conquérant des moyens redoutables, s'il voulait jamais ébranler les formes d'une Monarchie constitutionnelle.

L'Empereur Napoléon refusa la garantie qu'on lui demanda, et voyant ce projet insidieux échouer, le Prince Royal se jeta du côté de la Russie. L'Europe connait trop bien le traité d'Aabo pour qu'elle puisse avoir oublié que ce Prince y stipule le demembrement des états du Roi de Danemarc pour prix des exploits qu'il devait étaler en plongeant l'épée dans le cœur de ses anciens compatriotes.

Ce n'est pas à nous de juger un Souverain [sic], qui jouit d'une réputation trop belle et trop bien basée pour être ternie par une seule démarche hasardée.

Les plus grands Empires peuvent se trouver dans des cas difficiles où il est expédient d'avoir recours à la vanité dé- s. 99 mesurée d'un individu qui brûle de se créer un nom dans les annales, n'importe de quelle nature.

Or si le cabinet de St. Pétersbourg ainsi que celui de St. James ont paru vouloir prêter la main à une injustice énorme, l'equite et la connaissance de rhistoire nous prescrivent le silence jusqu'à ce que les événements ultérieurs aient fourni les moyens a ces puissances d'en agir d'une maniére plus digne d'Elles.

Nous ne traitons pas ici d'intentions, nous avons à parler de faits.

Le seul motif avoué pour désirer l'union de la Norvége à la Suéde fut la position géographique des deux pays. Cet argument, sans être nouveau, est vraiment d'une grande force, car il n'y a pas de pays qui n'ait quelque voisin.

II en résulte le principe de la Monarchie universelle, qui foule les droits des nations aux pieds.

II est à remarquer que c'est précisément pour combattre ce principe destructeur et pour protéger les droits des Nations, que les plus grandes puissances de l'Europe déclarent qu'elles se sont liguées contre l'Empereur Napoléon.

On ne croira rien a l'histoire de notre temps, lorsqu'elle dira que ce ne sont pas moins ces mêmes Monarques, qui ont menacé de vouloir outrager les droits du peuple Norvégien. II n'y avait que l'Angleterre seule qui stipula dans son traité avec la Suéde: „Que l'union de la Norvége à la Suéde ne se ferait pas à main armée, si le Roi de Danemarc embrassait la cause des allies."

Et de même:

„Qu'elle se ferait d'une maniére que pourrait assurer, autant que possible, le bonheur et la liberté du peuple Norvégien.«

Sensible à cette déférence pour ses droits, ce même peuple y entrevoit avec confiance une marque de respect, due à sa qualite de Nation, et que tous les Grouvernement devraient se faire une gloire de manifester indistinctement en vers tous les peuples.

L'espéce de guerre dont la Suéde accabla les Norvégiens, lorsque la paix devait les en garantir, et que l'liumanité condamne, était d'une nature à marquer tous ceux qui l'ont conseillee d'une flétrissure éternelle.

s. 100 On conçut le plan indigne d'affamer la Nation qu'on voulait séduire et gagner, et que le Prince Royal de Suéde à faussement imputà [sic] de lui tendre les bras.

On l'aura induit en erreur, car ce sont des bras armés qui l'attendent. Ni ces moyens indignes, ni des seductions de tout genre n'ont pu ébranler la ferméte des Norvégiens ou leur ridélite envers leur Roi.

Bientot les événemens se pressent.

Apres avoir imperieusement demandé au Roi de Danemarc le Royaume de Norvége, laquelle demande fut rejetée, on se borna avec une générosité composée à exiger la cession de la province de Trondhjem. Ce subterfuge ayant eu le même sort, on laissa reposer le grand dessein jusqu'a ce qu'on pût le faire valoir les armes à la main dans un état de guerre ouverte, qu'on se permettait envers le Roi de Danemarc.

Le Holstein et le Slesvig furent envahis par le Prince Royal de Suéde à la tête d'une armée trés supérieure en nombre à celle que le Roi de Danemarc s'est trouvé en état d'y opposer.

Accablé du nombre, affaibli par une guerre ruineuse, le Roi de Danemarc s'est enfui, ou dans la nécessité cruelle de céder à la force.

Le Royaume de Norvege lui a été arracbé.

Son cœur paternel vient enfin d'être percé du trait le plus violent.

Il a fallu renoncer a des sujets dont la fidélité a été presque sans exemple, et qui n'oublieront jamais la reconnaissance qu'ils doivent a leur ancien Roi.

Puisqu'enfln les Norvegiens ne peuvent plus être à lui, ils seront à eux-mêmes. Que l'histoire ne dise pas que ce peuple jadis brave et hardi ait timidement tendu le cou au joug suédois, qu'il a en horreur.

Que l'histoire ne dise jamais qu'une armée victorieuse, en déployant ses rangs en Danemarc, ait fait trembler les Norvégiens dans leurs foyers. En un mot, que l'histoire ne dise jamais qu'ils ont stupidement renoncé à une situation heureuse et tranquille; quoique médiocre, pour partager avec leur maîtres nouveaux la vaine gloire de se faire traîner vers toutes les querelles étran- s. 101 geres, dont la politique suédoise n'a jamais cessé de se méler, ce qui a coûté des millions d'habitans à un pays mincemerit peuplé, sans le rendre ni plus grand, ni plus heureux.

Que le peuple suédois, aussi brave qu'estimable, ne voie pas des ennemis implacables dans ses paisibles voisins.

Ce n'est que lorsque l'ambition remuante de son Grouvernement ne veut point la paix, ou qu'elle le fera outrepasser les montagnes qui separent les deux Nations, que le soldat suédois verra un ennemi redoutable dans chaque habitant de la Norvége.

Conclusions:

Que toute l'Europe sache, que la Norvége n'est ni à donner, ni à céder. La voix unanime de la Nation vient de prononcer solennellement qu'elle est, qu'elle veut être, et qu'elle sera indépendante, que l'ennemi aura à marcher sur ses cadavres, avant qu'elle se désiste de cette indépendance. Son A. R. le Prince Christian Frédéric de Danemarc et de Norvége, né héritier du trône, s'est mis à la tête des Norvégiens en qualité de Régent avec les prérogatives ainsi qu'avec l'autorité attachée à la Royauté, jusqu'à ce que les représentans du peuple aient adopté une constitution qui puisse assurer la liberté publique et le bien-être futur de l'Etat.

Le peuple a jurê d'un accord unanime de défendre son indépendance et il place sa confiance dans son Chef, chérissant en lui des qualites qui promettent qu'il veillera avec sagesse et fermeté au bonheur de l'Etat.

Ce Prince ayant consulté l'esprit national, il a vu à quel point le peuple est outré de se voir cédé à une puissance dont il est séparé par la haine nationale la plus fortement prononcée.

Laissé à soi-même faute de chef légitime, une guerre sans plan, ni ordre, et des troubles intérieurs avec toutes les horreurs qui en sont inséparables, auraient été les premiéres suites d'un abandon de Sa part; il n'a done pu balancer à se lier à une Nation, dont il connait toute l'énergie et le caractére indomptable vis-à-vis d'un joug étranger.

s. 102 Le voen du Régent, comme celui du peuple, est de cultiver la paix avec tontes les puissances étrangéres en général, et pour la rendre d'autant plus solide, de s'assurer 1'Alliance de celles en particulier, qui par leur position, par leur caractére et par un intérêt mutuel, peuvent influer sur le bien-être et sur la tranquillite du Royaume.

Mais avant tout, le peuple se prosterne avec son chef devant l'Etre suprême, l'iniplorant de vouloir par sa protection divine bénir Facte important qu'ils vont terminer d'un commun accord pour éviter le malheureux sort que leurs ennemis leur avaient préparé.

[Norge, der i Aarhundreder var forenet med Dammark, har delt Lykke og Modgang med dette Kongerige. Følgerne af den Krig, som Storbritannien pludselig paaførte Danmark, var ikke mindre ulykkebringende for Norge; men man maa jo indrømme, at det vilde have været værre, dersom den britiske Regjering ikke havde optraadt med en særlig Hensynsfuldhed ligeoverfor dette Lands Kystboere.

Da Norge før Krigen var knyttet til den britiske Nation, dels gjennem fælles Skikke og dels ved fælles Handelsinteresse, der aldrig havde lidt noget Afbræk ved Norges geografiske Beliggenhed, kunde man ikke tro, at den svenske Regjering midt under Freden havde kunnet anføre netop disse Grunde som vegtige Aarsager til at overvælde Landets Indbyggere paa en Maade, der er ligesaa umenneskelig som troløs. Man ser tydeligt, hvorledes Menneskene, naar de ikke følger Moralens Bud, gjennem Ærgjerrighed og Selvinteresse lader sig forlede til alt, hvad der er uretfærdigt.

Den svenske Kronprins Carl Augusts ligesaa sørgelige som merkelige Død — han, der tidligere var Nordmændenes elskede Helt — var den første Spire til Uenighed i Norden.

Med Keiser Napoleons Bifald blev en fransk Fyrste sat til Arving af Sveriges Trone. Derved fornyedes den gamle svenske Politik, der altid havde hævdet Forbund med Frankrige. I Begyndelsen udtalte man sig ogsaa for, at det var Pligt at tilbageerobre Finland, da man var overbevist om, at en fransk General netop s. 103 maatte være den, der af alle var mest skikket til med Iver at løse denne Opgave, for at kunne give sin Velgjører [Carl XIII.] et slaaende Bevis paa sin Taknemmelighed.

Kronprins Carl Johan lagde en herfra meget afvigende Plan. Den Krig, man kort efter hans Ankomst til Sverige erklærede England, var kun et Skalkeskjul, der ikke kunde misforstaaes.

Den fri Adgang [til Sverige], ligesom ogsaa andre Lettelser, der bevilgedes de engelske Fartøier i de svenske Havne til Skade for de Danskes Handel, ophørte ikke under denne saakaldte Krig. Tvertimod blev Forbindelserne med den britiske Regjering stedse nøiere, eftersom de lovede paatagelige Fordele. Krigen, som truede med at udbryde mellem Preussen og Rusland, gav Sverige en Mulighed for at kunne bemægtige sig Finland. Men for at en mere udstrakt Udvidelsesplan herigjennem kunde lykkes, besluttede man at rive Norge løs fra Danmark, med livilket Land man levede i Fred; — det vilde blive en Erobring, der med Tiden vilde sikre Finlands.

Ligeledes vilde Besiddelsen af et Kongerige, der havde en absolut Suverænitet, give dets Erobrer mægtige Midler ihænde, dersom han nogensinde skulde faa isinde at rokke det konstitutionelle Monarkis Former.

Keiser Napoleon afslog at yde den Garanti, man bad ham om, og da Kronprinsen af Sverige saa, at denne lumske Plan mislykkedes, henvendte han sig til Rusland. Europa kjender altfor vel Traktaten i Åbo [1812], til at det kan have glemt, at denne Fyrste deri fastsatte en Lemlæstelse af Kongen af Danmarks Stater til Belønning for de Bedrifter, han skulde udfore ved at stikke sit Sverd i sine forhenværende Landsmænds Hjerte.

Forresten vil vi ikke dømme en regjerende Person, hvis Berommelse er altfor smuk og altfor vel begrundet til at kunne fordunkles af et eneste uoverlagt Foretagende.

De mægtigste Riger kan komme i vanskelige Tilfælde, hvor det er nyttigt at benytte sig af en enkelt Persons overvættes Forfængelighed, der brænder efter at skabe sig et Navn, ligegyldigt af hvad Slags, i Historiens Aarbøger.

s. 104 Dersom Kabinetterne i St. Petersburg og St. James tilsyneladende har villet hjælpe til ved en uhyre Uretfærdighed, saa foreskriver Billighed og Historiens Lsædomme os at tie, indtil yderligere Begivenheder har skaffet disse Magter Midler til at optræde paa en værdigere Maade.

Det er ikke Hensigter, men kun Handlinger, vi vil drøfte. Den eneste Bevæggrund, man bar vedkjendt sig, for at ønske Foreningen mellem Norge og Sverige, er de to Landes geografiske Beliggenbed. Denne Grund er, uden at være ny, sandelig ikke af stor Betydning, thi der findes vel ikke noget Land, der ikke har en eller anden Nabo!

Resultatet bliver, at man hylder et Universalmonarki, der træder Nationernes Rettigheder under Fødder.

Man maa lægge Merke til, at det er netop for at modvirke dette ødelæggende Princip og for at beskytte Nationernes Rettigheder, at Europas største Magter har forenet sig mod Keiser Napoleon.

Man vil ikke tro vor Tids Historie, naar den engang fortsæller, at det er disse samme Magter, der har truet med at krænke det norske Folks Rettigheder. Det var kun England, som i Traktaten med Sverige fastsatte: „At Norges Forening med Sverige ikke maa gjennemføres med væbnet Haand, ifaid Kongen af Danmark slutter sig til de allierede Magter", samt at Foreningen maa tilveiebringes paa en Maade, der saa meget som muligt kunde sikre det norske Folks Lykke og Frihed.

Behagelig berørt af denne Hensyntagen til dets Rettigheder, saa det norske Folk deri et Tegn paa Anerkjendelse af, at Norge var en Stat for sig, og paa, at alle Regjeringer burde sætte en Ære i særlig at tilkjendegive dette for alle andre Folkeslag. Den Slags Krig, hvormed Sverige overvældede Nordmændene, uagtet en afsluttet Fred skulde garantere dem derimod, en Krig, som Menneskekjærligheden fordømmer, er af en saadan Natur, at den sætter en evig Skamplet paa alle dem, der har tilraadet den.

Man fattede den uværdige Plan at udsulte den Nation, som man vilde forføre og vinde, og om hvilken Kronprinsen af Sverige falskeligen har udtalt, at den har aabnet sine Arme for s. 105 ham. Man maa have ført ham bag Lyset, thi det er bevæbnede Arme, der venter ham. Men hverken disse uværdige Midler, heller ikke andre Fristelser har kunnet rokke Nordmændenes Fasthed eller deres Troskab mod deres Konge.

Begivenhederne følger paa hverandre Slag i Slag.

Efterat man paa en bydende Maade af Kongen af Danmark havde forlangt Kongeriget Norges Afstaaelse, som han negtede at gaa ind paa, indskrænkede man sig til under Skin af Ædelmodighed kun at forlange Trondhjems Stifts Afstaaelse. Da dette Kneb flk samme Skjæbne, Lod man den store Plan hvile, indtil man kunde støtte den med Vaaben i Haand i en aabenlys Krig, som man uden videre tillod sig at paaføre Kongen af Danmark.

Holsten og Slesvig blev besat af Kronprinsen af Sverige i Spidsen for en Hær, der i Antal var den Hær meget overlegen, som Kongen af Danmark havde seet sigistand til at opstille imod ham.

Overvældet og svækket af en ruinerende Krig flygtede Kongen af Danmark, idet han saa sig i den grasomme Nødvendighed at maatte give efter for Overmagten.

Kongeriget Norge blev frarevet ham.

Derved rammedes hans faderlige Hjerte af den heftigste Smerte.

Han maatte give Slip paa Undersaatter, hvis Troskab havde været saagodtsom eksempelløs, og som aldrig vil glemme den Taknemmelighed, de skylder sin forhenværende Konge.

Men da nu Nordmændene ikke længer kan tilhøre ham, vil de tilhøre sig selv.

Historien maa ikke fortælle om dette Folk, der tidligere altid har vist sig" at være baade tappert og forvovent, at det frygtsomt har strukket Hals under det svenske Aag, som det afskyr.

Historien maa aldrig fortælle, at en seierrig Arme ved at optræde i Danmark har gjort Nordmændene rædde oppe i Norge.

Historien maa, kort sagt, aldrig fortælle, at Nordmændene har været dumme nok til at opgive en lykkelig og rolig, om end tarvelig Tilværelse for sammen med sine nye Herrer at dele den tomme Ære at lade sig drage med i alle uvedkommende Stridsspørgsmaal. I saadanne har den svenske Politik aldrig ophørt at blande sig, hvilket har kostet det sparsomt befolkede Land Millioner af dets Indbyggere — uden dog at gjøre det s. 106 hverken større eller lykkeligere. Maatte nu det svenske Folk, der er ligesaa tappert som agtværdigt, ikke betragte dets fredelige Naboer som uforsonlige Fiender!

Kun for det Tilfælde, at den svenske Regjerings urolige Ærgjerrighed ikke vil bevare Freden, eller if aid den vil overskride de Fjelde, der adskiller de to Nationer, — vil den svenske Soldat i enhver Nordmand finde en farlig Fiende.

Her of kan man slutte:

At hele Europa maa vide, at Norge hverken kan gives bort eller vil overgive sig. Nationen har netop enstemmig og høitidelig udtalt, at den er, at den vil være, og at den skal forblive at være nafhængig, at Fienden vil komme til at marschere over Lig, førend den norske Nation opgiver sin Uafhængighed. H. K. H. Prins Christian Frederik af Danmark og Norge, der er født Tronfølger, har i Egenskab af Regent sat sig i Spidsen for Nordmændene, udrustet med kongelig Magt og Myndighed, indtil Folkets Repræsentanter har antaget en Konstitntion, der kan sikre den offentlige Frihed og Statens tilkommende Vel.

Folket har enstemmig svoret at ville forsvare sin Uafhængighed, og det har skjænket sin Chef al sin Tillid, da det hos ham ynder de Egenskaber, der lover, at han med Visdom og Fasthed vil vaage over Statens Lykke.

Efterat denne Fyrste har undersøgt den nationale Aand, ser han, i hvor høi Grad Folket er opbragt ved at se sig overdraget til en Stat, som det føler sig fjernet fra ved det sterkeste Nationalhad.

Ifald dette Folk blev overladt til sig selv og var uden legitim Chef, saa vilde en Krig uden Plan og Orden samt indre Uroligheder med alle de Rædsler, som er uadskillelige derfra, blive den første Følge af, at denne Fyrste lod det i Stikken. Han har derfor ikke kunnet betænke sig paa at knytte sig til en Nation, hvis Villiekraft og nbetvingelige Karakter ligeoverfor et fremmed Aag han kjender.

Saavel Regentens som Folkets Ønsker gaar ud paa at leve i Fred med alle fremmede Magter. For at gjøre denne Fred desto fastere, ønsker man at komme i Forbund navnlig med de s. 107 Magter, som ved deres Stilling, deres Egenskaber og ved fælles Interesser kan have Indflydelse paa Kongerigets Velfærd og Ro.

Men fremfor alt bøier Folket og dets Chef Knæ for det høieste Væsen for at bønfalde dette om at ville ved sin guddommelige Beskyttelse velsigne den vigtige Gjerning, som. Folket agter at fuldføre for at undgaa den ulykkelige Skjæbne, som dets Fiender havde tiltænkt Nationen].

2.

[Fra Christian Frederik til Alexander I]

Christiania, Februar 1814.

Sire. C'est au nom de la nation norvégienne, et comme Régent de ce peuple indépendant et brave, que je mets sous les yeux de votre Majesté Impérial e et Royale la déclaration émanée le 19 Février, par laquelle la volonté du peuple de se maintenir comme Nation indépendante et de se donner une constitution est manifestée, ainsi que ma résolution de ne point abandonner ce peuple dans ce moment de crise, — résolution qu'un devoir impérieux, et— j'ose le croire — une vocation divine m'a imposée. En consultant les principes pour lesquels Vous avez tiré les armes, Sire, je ne dois point douter que Vous n'approuviez et ne respectiez le droit des nations, que le peuple de la Norvége réclame d'un commun accord, et pour lequel il se sacriiiera plutôt que de supporter un joug étranger. Vous ne méconnaitrez pas non plus, Sire, en nous un peuple qui ne demande que la paix et qui s'estimera surtout heureux de trouverun ami et un Protecteur dans un Souverain qui a tant de titres à la reconnaissance des peuples, dont il a défendu les droits et reconquis la liberté.

Christian Frédéric.

Til Keiser Frantz af Østerrige og til Kong Frederik Wilhelm af Preussen sendte Christian Frederik (Kopi foreligger) Breve af omtrent samme Indhold.]

[Deres Majestæt. Det er i den norske Nations Navn og som Regent over dette uafhængige og tapre Polk, at jeg fremlægger for Deres keiserlige og kongelige Majestæt den under 19. Februar udstedte Erklæring, hvori saavel Folkets Villie: at bestaa som en uafhængig Nation og give sig en Konstitution som ogsaa min Beslutning: ikke at svigte dette Folk i den nuværende s. 108 Krise, er slaaet fast, — en Beslutning, som en bydende Pligt og, som jeg vover at tro, en guddommelig Kaldelse har paalagt mig.

Ved at granske de Grundsætninger, for hvilke Deres Majestæt har grebet til Vaaben, tvivler jeg ikke paa, at Deres Majestæt jo vil bifalde og respektere de nationale Rettigheder, som det norske Folk enstemmig gjør Fordring paa, og for hvilke det heller vil ofre alt end at bære et fremmed Aag.

Deres Majestæt vil heller ikke i os miskjende et Folk, der kun ønsker Fred, og som vilde anse sig særdeles lykkeligt ved at finde en Ven og en Beskytter i en Suveræn, der i saa høi Grad har erhvervet sig Taknemmelighed hos de Folk, hvis Rettigheder han har forsvaret, og hvis Frihed han har gjenerobret.

Christian Frederik.]